[Portrait] Mee, couteau suisse laotien

Mee est guide ; il nous emmène pour deux jours de trek et de kayak près de Luang Namtha (nord-ouest du Laos). Il ne fait pas ses 28 ans. Il s’est marié cette année, le jour de la Saint-Valentin avec sa « girlfriend », comme il l’appelle toujours. Au Laos, impossible de vivre ensemble sans être mariés. Maintenant, leurs familles, toutes deux de la tribu des Khmus, vivent avec eux sous le même toit. Plus qu’un pas, c’est un bond ! Lors de la cérémonie, il portait une chemise avec une cravate, un jeans et des chaussures de cuir. Les gens riches louent des costumes mais pas eux, car ils sont pauvres, dit-il nonchalamment. Sur l’écran brisé de son téléphone, il nous montre la photo de sa bien-aimée. « Elle est bourrée ! », dit-il en riant. « Trop de lao lao ! », cet alcool de riz local.

Mee, c’est un peu un couteau suisse laotien. Il sait tout faire, sans prétention. Abattre des arbres à la machette pour y trouver ce qui est bon à manger, cuisiner, confectionner des ustensiles pour cuire ou manger… Au début ça surprend. En chemin, il s’arrête souvent et nous prie de l’attendre. Quelques coups de machette, des craquements qui résonnent, et scratch ! Un arbre tombe. Le voilà qui vient avec des cœurs de bambous ou une fleur de bananier pour le déjeuner. Avec trois bouts de bois glanés ça et là, il s’accompagne en chantant, divinement bien. Il faut dire qu’il a groupe de musique avec ses amis. Mais nous on le sait, ce qui l’amuse vraiment c’est partager des topettes de lao lao. « Agona?! », « Euw! »

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