[Portrait] L’étudiante en espagnol voyage en cachette

Vêtue de son pantalon de pyjama à motifs et d’un débardeur gris, elle s’apprête à aller au lit. Quand nous arrivons dans le dortoir, un large sourire câblé vient compléter son look plein de fraîcheur. Elle voyage seule. Et en cachette. Son père l’a emmenée à la gare, et juste après l’avoir laissée, elle a appelé sa mère pour savoir s’il était bien parti et pour pouvoir prendre son avion pour le Yunnan. Il n’est pas au courant et la croit retournée à l’université de Cheng Du (Sichuan, Chine). « Au téléphone, je lui dis que je travaille dur », dit-elle en riant. Et elle envoie des photos de son voyage à sa mère. « Mon père pense encore qu’il faut travailler, travailler, travailler mais aujourd’hui c’est différent. Si je ne voyage pas maintenant, je ne pourrai pas le faire plus tard. »

Elle est étudiante en espagnol, en deuxième année. « Pourquoi avoir choisi cette matière ? » « Oh, vous allez trouver ça ridicule… Bon, d’accord. Je déteste les maths alors j’ai choisi les langues. Et l’espagnol plutôt que le français, car à la fin des études je dois passer un an à l’étranger et je préfère aller en Amérique du Sud qu’en Afrique. Mais je préférerais quand même aller en Europe. Puis l’Espagne, c’est à côté de la France. Et en France vous avez plein de bonnes pâtisseries. J’adore le sucré ! » ponctue-t-elle d’un franc sourire.

Elle nous offre des ramboutans, ces litchis chevelus. « Mangez ! Je ne connaissais pas mais maintenant j’adore ça ! »

« En France, vous-êtes très croyants, non ? » « Euh… Plus tellement. » « En Europe, alors. On voit ça dans les films » « Ça dépend des pays… Peut-être que tu as vu ça plutôt dans des films américains. Et toi ? » « Moi ? Non, je ne crois pas en Dieu mais je me force à croire en quelque chose. Croire en quelque chose de plus grand que soi, ça donne des limites car ça fait peur. Et se donner des limites, ça empêche de faire des mauvaises choses. » Elle saisit son pendentif qu’elle a sur la poitrine. « Par exemple, je pense souvent à ma grand-mère. Je crois vraiment que son esprit est toujours là et veille sur moi. »

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