Les paysages lunaires du Tongariro Crossing

Tongariro Alpine Crossing, New Zeland, NZ

Il est 6 heures du matin, j’ouvre l’œil. Pas un bruit dans le motor-home ni même dans le camping du petit village de Whakapapa. À mon grand désespoir, je ne suis pas du matin mais aujourd’hui je suis bien décidée à lutter pour garder au moins un œil ouvert jusqu’à ce que mon corps reprenne du service. Dans une heure, on attaque l’ascension du Tongariro Alpine Crossing, un groupement de volcans au beau milieu de l’île nord de Nouvelle-Zélande.

« Eriiik ? Réveille-toi ! » « Mmmmh… »

Surprise au départ

Comme toujours, avant le départ on se rêve déjà en tête-à-tête avec la montagne, à la fraîche et à la lueur des premiers rayons. Et puis, une fois sur place, on fait comme les 100 autres personnes qui ont eu la même idée, on marche en rang d’oignon, de la buée qui s’échappe à chaque pas et le haut des oreilles rougi.

Trek Tongariro Alpine Crossing

Le ciel est prometteur mais la doudoune ultra-light nécessaire dans la fraîcheur du petit matin. Le soleil ne tarde pas à faire échapper un rayon, puis deux, derrière la montagne. Les reliefs sont cachés par le contre-jour mais le Mont Ruapehu, au loin, est radieux.

Mount Ruapehu, Tongariro Alpine Crossing, NZ

L’ascension démarre en douceur le long d’une passerelle en bois qui préserve un parterre passionnant à regarder. Petites fleurs, fines tiges d’herbe, plantes grasses de toute forme et petits ruisseaux sont cerclés par de la roche volcanique. Cette mise en jambe est parfaite pour finir de se réveiller. Dernière nous, la vallée prend forme doucement.

Roche volcanique, Tongariro Alpine Crossing, NZ

Végétation sol volcanique, Tongariro Alpine Crossing, NZ

Ascension vers le cratère sud

Arrivés à Soda Springs, deux toilettes sèches posées juste avant la première montée sérieuse s’annoncent comme un au-revoir au confort de notre monde terrestre. Même si on n’a pas envie, on y va. C’est psychologique. Comme pour repousser le moment où il faudra chercher un gros caillou ou se donner un mini répit avant l’inévitable effort qui nous fera oublier le rêve dans lequel on était deux heures plus tôt…

Trek Tongariro Alpine Crossing

La première des deux grosses montées est un petit chemin qui sillonne au milieu de ces roches volcaniques brunes. Elle nous dévoile progressivement toute la beauté de ce trek. L’impatience monte à mesure que la sueur s’écoule.

À la fin, encore étourdis par l’effort, on est alors projetés dans un paysage lunaire : on arrive au cratère sud. Le chemin devient alors rectiligne, le paysage plat et spacieux, le sol ocre et poussiéreux.

Cratère sud du Tongariro Alpine Crossing, NZ

Paysage lunaire

Cette perspective, si différente, est fascinante et bien accueillie par nos jambes quelques peu endolories. La vue est magique, presque surréaliste. J’ai l’impression de marcher sur la lune. Alors qu’on lèche le contour du cratère des yeux afin d’en saisir l’ampleur, notre regard finit sa course sur l’imposant Mont Ngauruhoe qui se tient à notre droite. Époustouflant ! Ce volcan parfaitement formé semble sorti d’une maquette de classe de CM2 avec son col d’un rouge vif. C’est de toute beauté.

Mont Ngauruhoe - Tongariro Crossing, Nouvelle Zélande

summit-mount-Ngauruhoe_Tongariro-crossing_NZ

Une fois le cratère traversé, on attaque la seconde grosse montée avant le sommet. Mes yeux sont fixés au sol, je suis comme une enfant. Les roches sont jaunes, orange, rouges, et même bleues ! J’ai envie de tout ramasser, juste pour voir si demain au réveil elles auront toujours ces couleurs éclatantes.

minerals_volcanic-soil_Tongariro-Crossing_NZ

Cap vers le sommet

Bizarrement, la deuxième grosse montée passe beaucoup mieux que la première. Je crois que nos esprits n’ont pas le temps de s’attarder sur l’inclinaison de la pente tant il y a de belles choses partout. Arrivés à mi-chemin, on voit même la vallée de l’autre côté ! Le temps est radieux, toujours. L’instant est parfait.

Sommet Tongariro Alpine Crossing, NZ

stratum-soil_Tongariro-crossing_NZ

Au sommet (1886 m), on ne sait où donner de la tête. Sur la droite en contre-bas, le cratère rouge (Red Crater) nous fait stopper net. Nous sommes en extase devant son impressionnant dyke (fente) qui semble mener directement vers le centre de la terre. Le sol affiche des tons du noir velours au rouge vif. En face, le lac Bleu (Blue Lake) d’une rondeur parfaite surplombe le cratère central (Central Crater) de couleur anthracite. En avançant un peu plus loin, on peut apercevoir les trois magnifiques tâches vertes des lacs Émeraudes (Emerald Lakes). Au sol, des fumerolles finissent de poser l’ambiance.

Dyke du cratère sud et Mont Ngauruhoe, Tongariro Crossing, NZ

Dyke du cratère sud, Tongariro Crossing, NZ

Lac bleu, Tongariro Crossing, NZ

Lac bleu, Tongariro Crossing, NZ

Lacs émeraudes, Tongariro Crossing, NZ

Le Mont Tongariro

Pour des questions pratiques et aussi sur conseil de voyageurs rencontrés plus tôt, nous avons décidé de ne pas redescendre de l’autre côté mais de monter au sommet du Mont Tongariro qui se tient sur la gauche pour avoir une vue panoramique, et de redescendre par le même côté.

Cratère Sud et Mont Ngauruhoe, Tongariror Crossing

Lac bleu, Tongariro Crossing, NZ

L’ascension vers le sommet du Mont Tongariro, qui culmine à 1967 m, nous donne une vue panoramique extraordinaire : à gauche sur le cratère sud que nous avons traversé et le Mont Ngauruhoe juste derrière ; à droite, sur le cratère central, le lac Bleu, et un peu sur les lacs Émeraudes. Le sol est ocre, parfois jaune vif. Plus nous montons, plus la vue est impressionnante.

Mount-Ngauruhoe-volcanic-soil_Tongariro-crossing_NZ

Roche jaune volcanique, Tongariro Crossing

Une fois au sommet, notre regard bascule vers l’immensité de la vallée et de son ciel moutonneux. Voilà un spot idéal pour déjeuner et prendre une pause bien méritée. Bientôt, il sera l’heure de redescendre car les nuages viendront s’accrocher aux sommets.

Mont Tongariro, Tongariro Crossing, NZ

 

+++
INFORMATIONS PRATIQUES

Temps : compter 7-8 heures.

Départ : tôt le matin (entre 6 et 8 heures). A savoir, le monde arrive vers 7 heures. Le camping de Whakapapa, situé à 15 minutes en voiture, permet d’arriver la veille et de partir tôt le lendemain.

Terrain : c’est de la haute montagne.
Un panneau avant la première montée rappelle qu’il faut prévoir des affaires appropriées : chaussures de montagne, imperméable, sur-pantalon, vêtement chaud, chapeau, crème solaire, lunettes de soleil, gant, eau (2 litres par personne) et nourriture. Le temps est changeant. Lorsque nous sommes redescendus (vers 13 heures), le ciel était couvert et le haut des sommets dans les nuages.

Itinéraires :

  • La traversée : du parking de Mangatepopo à celui de Ketetahi. Une navette fait le lien entre les deux parkings moyennant une trentaine de NZD (à réserver à l’avance).
  • L’aller-retour (le nôtre) : départ du parking de Mangatepopo, montée jusqu’au sommet, puis redescente sur le même chemin.
  • Le Mont Tongariro : depuis le sommet, il s’agit d’un aller-retour (2 heures aller-retour). Si vous choisissez la traversée, il est possible que vous n’ayez pas le temps de monter en haut du Mont Tongariro (sauf si vous êtes rapide et en grande forme !). Faites attention à l’heure avant de vous lancer.

Site Internet du TAC (anglais)
Fiche d’information en français avec carte à imprimer (PDF).
Infos et carte en français

C’est l’un des plus beaux treks que l’on ait jamais fait. Et vous, quels sont les treks qui vous ont le plus marqué ?

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7 commentaires

  1. Jocelyne

    trop beau et quel régal l’écriture …. donc la lecture !!!!!
    bises et encore merci pour cette belle aventure !

  2. Les photos sont vraiment à couper le souffle!! Lorsque j’ai vu les premières, j’ai cru que c’était le volcan de la Fournaise à la réunion! sa y ressemble tellement! mais bon dès que j’ai vu les lacs, j’ai compris que je m’étais trompée d’ile lol! Très beau reportage en tout cas!

    • Merci ! Je ne connais pas la Réunion mais j’imagine que les paysages doivent être très beaux, même si à coup sûr l’ambiance est différente.

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