Bilan 2016 – Fin d’un voyage, début d’une expatriation

2016 bilan - in review

Bientôt fin janvier. De même que pour souhaiter la bonne année, n’a-t-on pas jusqu’à la fin du mois pour jeter un coup d’œil en arrière et faire un petit bilan ? Si, si, je crois. L’année 2016 a été pour nous riche en aventures, en déplacements et en changements de mode de vie. Ça a été la fin d’un long voyage et le début d’une expatriation. Pas un jour pareil, rien de tout à fait prévu. L’air de rien, une aventure en a caché une autre. Rétrospective et perspectives.

Fin d’un voyage…

On va remonter encore un peu plus loin dans le temps. Lorsque l’on a annoncé notre départ en voyage, on voyait alors les visages se décrisper et les yeux s’agrandir. De toute évidence, le voyage fait encore rêver, à tout âge. Partir loin, prendre le temps, mettre son quotidien entre parenthèses, même quelques mois, ça fait rêver. Pas tout le monde et c’est très bien comme ça. Mais encore beaucoup. Et ce qu’il y a de surprenant, c’est que souvent s’en suivait une phrase du genre : « J’aurais bien aimé partir aussi, mais bon… »

« On aimerait bien partir, un jour. Mais bon… »

Bref, tout plaquer pour partir à l’aventure, ça fait rêver. C’est presque cliché. Et nous aussi, on en a rêvé. Nous aussi, on s’est dit : « On aimerait bien partir, un jour. Mais bon… » Bon, quoi ? Et bien, on s’emmitoufle dans un quotidien douillet, les jours passent. On n’est pas malheureux pour autant. Mais le crédit en route, le boulot intéressant, les copains, la famille, etc. Bref, on a déjà choisi un chemin et on n’a pas (encore) trouvé le bon moment pour tenter l’expérience.

Puis, ce jour est arrivé.

Plus le jour J arrive, plus le rythme s’accélère. À la veille du départ, on était sur les rotules. En arrivant à destination, on a dormi quasi deux jours. C’était le temps qu’il nous a fallu pour déposer nos sacs, pour s’alléger et pouvoir ouvrir un nouveau chapitre. Après avoir vendu, bradé, laissé, bouclé une partie de notre vie d’avant, nous coupions enfin à travers champ.

Mais revenons-en à 2016. Le premier tiers de l’année a été la fin de notre voyage : en janvier nous finissions notre séjour en Australie, en février nous faisions un road trip en Nouvelle-Zélande, en mars nous retournions en Thaïlande pour expérimenter une retraite de méditation, en avril nous faisions un dernier crochet au Japon, prétextant le printemps, en mai nous rentrions en Europe par Copenhague (tiens, tiens !), et en juin, nous retournions au port, dans nos montagnes grenobloises.

Fin d'un long voyage - bilan 2016

Vers la fin les images et émotions se superposaient dans nos esprits. On était plein de tout ce que l’on avait vu et vécu. On se l’est coulé douce, on a fait des belles rencontres, on a rit avec les autres et de nous-même, on a beaucoup appris, on s’est crispé par moment, on a reçu, beaucoup, bien plus que donné. Bref, on a vécu, différemment, ailleurs.

Mais de tout cela, il reste une chose. Une seule chose. Comme un fil conducteur.

« Plus on va loin, plus ça devient évident. »

Ça peut paraître idiot, simple, trop simple. Mais c’est quelque chose qu’on a tendance à oublier, en ce moment particulièrement. Et c’est quelque chose que l’on réalise vraiment en voyage. Je dirais même que plus on va loin, plus ça devient évident. Voilà, c’est d’une simplicité déconcertante mais on fait le constat qu’on est tous pareils. C’est même fou comme on aspire à la même chose. On veut tous être heureux et vivre une vie décente, entourés des gens qui nous sont chers.

Alors tu vas me dire : « Attends, t’es parti à l’autre bout de la terre pour me dire qu’on est tous pareils ? ». Et bien oui.

Mais c’est si vite oublié.

Et à l’heure où 2017 commence, on regarde les choses un peu différemment. Certes, on se demande comment on va payer le loyer le mois prochain, mais on pense aussi à ces enfants cambodgiens avec qui on a tant rigolé autour des poivriers. Vont-ils à l’école, enfin ? On repense à la vieille ville de Sangri-La : est-elle reconstruite maintenant ? Mangerai-je encore une fois cette merveilleuse soupe de pâte faite par ce vieux couple à Baisha ? Et ce plat de champignons frais à Shaxi ? Les deux jeunes chinoises travaillent-elles toujours à cet hôtel de Pu’er ? Miho a-t-elle profité d’un joli Mont Fuji enneigé cette année ? Et ces gens qu’on a vu sans les rencontrer, comment vont-ils ? Vivent-ils bien, mieux ou moins bien que quand on les a croisés ?

On vit un peu tous les jours avec eux.

À première vue, on pourrait croire que l’on mène des vies très différentes. Mais on se ressemble terriblement. Ils font partie de nous, nous sommes liés les uns aux autres. On est un tout. Je me dis souvent : heureusement qu’il y a les Belges et leur humour décapant, les Japonais pour inventer le vrai confort même jusqu’au petit coin, les chinois pour nous rappeler d’être naïfs et spontanés, les Français pour perpétuer des traditions culinaires d’une extrême richesse, les Américains pour nous montrer que tout est possible (même si cette fois c’est allé un peu loin…). Bref, on fait partie d’une grande famille. Avec ses bons moments, ses histoires, ses divergences… et même l’oncle un peu borderline qui lance toujours les débats dans les repas de famille (ah, ah… ça me rappelle ce sketch de Catherine et Liliane – la partie chez les Ménards).

… Début d’une expatriation

En juin dernier, nous sommes finalement revenus au point de départ de ce voyage, avec un mélange de joie et d’appréhension, et quelques péripéties de retour. Mais nous étions heureux de revoir tout le monde. Contre toute attente, leur première question fut pour la plupart : « Et après ? »

Ils avaient flairé le truc.

« On était comme des gosses qui font tourner un globe et qui l’arrêtent avec le doigt. »

Je ne me souviens même plus quand on a décidé de continuer l’aventure quelque part, j’entends s’expatrier. Je crois qu’on n’a même jamais pris la décision, c’était une évidence. Quelques mois avant la fin inéluctable de notre voyage, nous nous sommes amusés à faire une liste de destinations où l’on se verrait bien vivre. Rien de plus excitant ! On était comme des gosses qui font tourner un globe et qui l’arrêtent avec le doigt. Genre, viens ! On décide où on va vivre. D’un coup, le monde était à nous.

Puis la liste s’est affinée et raccourcie. Deux régions du monde étaient en lice, deux villes aux antipodes étaient finalistes  : Tokyo et Copenhague. Pour faire court, nous avons finalement privilégié l’art de vivre à la danoise, plutôt que l’extravagance tokyoïte. Pour plein d’autres raisons encore, nous allions nous installer à Copenhague.

Fin août, nous mettions les sacs à dos au placard et remplissions nos bagages à roulettes, pour nous envoler vers cette charmante ville scandinave de notre bonne vieille Europe. Une tout autre aventure commençait, moins lointaine mais néanmoins exotique.

Début d'une expatriation à Copenhague - bilan 2016

Les derniers mois de l’année 2016 ont été faits d’administratif, de rencontres, d’entre-aide, de retrouvailles, de découvertes, de stress et d’inconfort aussi, mais ils ont bel et bien montré quelque chose de prometteur pour les mois, les années à venir. On ne sait pas bien de quoi l’avenir sera fait mais je crois que finalement ça nous plaît d’écrire l’histoire au fur et à mesure. The beauty is…

Assez parlé de nous. Et vous, avez-vous des envies secrètes de voyage ou d’expatriation ? Même si c’est pas pour tout de suite, ça fait toujours du bien de rêver. Alors ? ;-)

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8 commentaires

  1. Simond

    vous m’avez fait pleurer, je partage entièrement votre point de vue et si j’ai pleuré c’est de penser à ce que tous ceux que vous avez rencontré et qui ont continué à vivre après le point de votre rencontre, sont devenus depuis et bien sûr je peux penser la même chose ; nous sommes aussi tous confrontés au manque de disponibilité physique (ni ubiquité ni capacité de parcourir des km en une seconde) qui nous empêche de faire tout ce qu’on voudrait, de voir tout ce qu’on voudrait ; et vous m’avez permis d’entrouvrir la fenêtre de vos yeux pour moi ! merci et continuez puisque cela vous plait et que c’est tellement bon, pour moi en tout cas.

  2. Super ce billet !
    J’y réfléchis encore…
    J’ai adoré le passage sur les belges, les chinois, les américains… Oui on est tous pareils, on aspire tous fondamentalement aux mêmes choses et ce qui guide toutes les populations dans la vie, quelles qu’elles soient, c’est la survie. On se bat pour survivre, pour rester là, notre instinct nous oriente comme ça.
    C’est un beau bilan, merci pour votre transmission et de nous prêter votre regard quand on n’a pas fait le voyage…

    Tokyo ou Copenhague… Je me demande juste : quand est-ce qu’on peut vous rendre visite ? ;-)

    • Merci, Anne, pour ton mot tendre. Je sais que ça t’a parlé… :-)
      On s’attèle actuellement à trouver un appart assez grand pour accueillir du monde. Et je fais le vœu que vous soyez nos premiers invités ! Qui sait, peut-être qu’il sera exaucé.

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  5. J’ai adoré lire/relire cet article, pour sa franchise, son côté inspiré par une intelligence de l’humain et pour la grande fenêtre qui reste inéluctablement ouverte au Monde.
    Un grand clap de fin de voyage et un grand bravo pour les bras ouverts au Futur.

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