[Portrait] Darren n’a pas la tête de l’emploi

De taille moyenne, sec et musclé, le crâne rasé, le corps tatoué, le visage juste marqué, on aurait juré l’avoir vu à l’affiche du dernier blockbuster. Pourtant, this fellow n’a pas la tête de l’emploi. Il est easy-going, volontaire et dégage une énergie fraîche et positive. Il faut moins de temps pour s’en rendre compte que pour s’acclimater à son accent venu tout droit des quartiers populaires de Manchester. C’est là que Darren a grandi, avant de partir très tôt pour mener sa vie. Ce presque quinqua semble avoir atteint une certaine sagesse, celle que l’on acquière au prix d’expériences difficiles. Si la vie l’a forgé, c’est à présent lui qui se forge la sienne : il y a quelques mois, il a tout plaqué pour partir voyager, « pour avoir des histoires à raconter à [son] petit fils », se justifie-t-il. Un joli prétexte. Il est tout jeune grand-père, comme il a été jeune père 23 ans en arrière. Peut-être est-ce là qu’il puise sa jeunesse d’esprit. Et cette manière plus que respectable – et fichtrement agréable ! – de laisser les gens être eux-mêmes, sans chercher à s’imposer ni convaincre. De l’humilité, en somme. On dirait qu’il n’a cessé de grandir aux côtés des siens – son clan – tant ils sont solidement attachés les uns aux autres. On le sent, sa force vient de là.
À la Sothy’s Pepper Farm, Darren fait du volontariat depuis quelques semaines. Il effectue des visites guidées pour les touristes anglophones. Sa voix puissante captive et son sens de l’humour suscite rapidement l’adhésion. On dirait qu’il a fait ça toute sa vie. Tant mieux car ici, il s’y sent bien. Et il a dit à sa famille qu’il ne fallait pas compter le voir rentrer avant… quatre ans, peut-être. Cet homme s’est rendu heureux lui-même.

 

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